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… pour mieux dessiner l’avenir (2 de 2)

20 Août

Que reste-t-il, donc, au citoyen?

Un parti politique est une bête difficile à dompter. Quiconque, néanmoins, a le droit au Québec de tenter de lancer sa propre formation politique, et de faire concurrence à celles déjà en présence. Quiconque a le droit d’essayer de se faire valoir lors d’élections. Et si concurrencer le PLQ et le PQ peut sembler une tâche difficile, il faudra bien pourtant y venir, puisque ces deux partis ne semblent pas en mesure de se réformer et de suivre les aspirations du peuple du Québec.

Il reste au citoyen l’option de secouer sa torpeur et de prendre lui-même les choses en main. Quand rien ne va plus sur la planète politique, il est de notre devoir de nous lever et de proposer une alternative qui soit crédible. Pour qu’un nouveau courant politique puisse naître et croître, il faut que la situation sur le terrain s’y prêtre. Or, on a soif de changement. Le NPD, bien que n’étant pas réellement un nouveau parti, a bénéficié d’un momentum formidable. Sans équipe bien implantée, sans grosse machine électorale bien huilée, sans financement généreux, il a changé le paysage politique fédéral au Québec du tout au tout. Et rien n’empêche les citoyens de décider de faire le ménage de la même manière en politique provinciale. C’est la preuve que lorsque la volonté populaire y est, les astres peuvent se réaligner. Et il est temps de mettre ce pouvoir à profit.

La soif de changement ne fait pas tout. Il faut s’assurer que le désir d’aller vers de nouvelles alternatives puisse être dirigé vers des options crédibles, construites et complètes sur le plan idéologique. Et pour qu’un choix éclairé puisse se faire, il faut plusieurs de ces options et un débat d’idées. À cet égard, je ne peux que saluer des démarches comme celles de la Coalition pour l’avenir du Québec, le Réseau liberté Québec, Option Québec ou le Nouveau Mouvement pour le Québec. Québec solidaire, à sa manière, participe aussi au mouvement, comme véhicule plus achevé que les autres. Dans tous ces mouvements en amorce, il reste une catégorie d’oubliés, celle à laquelle j’appartiens, les fédéralistes de gauche ou de centre-gauche.

Ceux-là, j’aimerais, grâce à ce blogue, les découvrir et les entendre. J’aimerais tisser avec eux des liens, pour voir comment nous pourrions structurer nos efforts, prendre notre place sur l’échiquier politique. La journée d’hier m’a déjà permis d’entrer en contact avec quelques personnes. Il ne faut parfois que la réunion de gens motivés pour changer l’ordre des choses.

À tous ceux que la politique intéresse, même s’ils ne sont ou seront pas en accord avec mes positions, je ne peux que conseiller de continuer à suivre les débats. Si vous en avez le temps et le goût, contribuez donc à l’émergence de ces nouvelles forces politiques qui naissent. Montrez que vous ne vous laisserez pas prendre pour acquis par un système bipartisan qui donne l’illusion d’éternité aux détenteurs du pouvoir.

Nous sommes, je l’espère, à un tournant de notre histoire politique. Ce genre de moment pourrait bien déterminer notre sort collectif pour les 30 à 40 prochaines années. Ne restons pas passifs. S’il faut fonder des partis, qu’à cela ne tienne. Il est vrai que ce qui se produit actuellement peut donner l’impression que nous aurons trop de partis. Mais comme à chaque moment charnière du cheminement collectif, il est normal qu’il y ait une certaine ébullition, un éparpillement léger. La situation se corrigera avec le temps, et seuls les partis les plus intéressants sortiront de ce grand brassage d’idées. Si le PQ et le PLQ y sont encore, tant mieux pour eux. Si d’autres partis plus pertinents émergent, tant mieux aussi. La mise à jour sera faite et nous pourrons aller de l’avant.

Avec le passé en gage d’avenir, levons-nous et choisissons de quoi seront faites les quatre prochaines décennies au Québec.

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4 réponses à “… pour mieux dessiner l’avenir (2 de 2)

  1. Simon Beaudoin

    20 août 2011 at 12:05

    Salut, j’espère que tu te souviens de moi.

    J’ai toujours promus le respect et la liberté d’opinion, alors je ne vais sûrement pas commencer à t’insulter aujourd’hui. J’ai vu que tu avais quitté le PLQ et je comprends tes raisons. J’y reste parce que j’ai encore espoir de pouvoir changer un peu les choses et aussi parce que, si tu détermine la droite et la gauche en fonction de l’investissement étatique, je suis moins de centre-gauche que toi. J’ai trouvé intéressante ton idée de péréquation québécoise et surtout l’idée de réforme du mode de scrutin, que je promeut moi-même. Je déteste l’opportunisme et j’espère que le jour où j’aurai l’impression d’agir par cynisme et mépris n’arrivera jamais.

    Je me souviens de cette assemblée de novembre dernier, où moi aussi, je suis resté cloué à ma chaise. La seule chose qui m’empêchait alors réellement de me lever était un doute raisonnable. Une commission d’enquête ne serait-elle pas un endroit où tous les magouilleurs supposés pourraient vider leur sac et s’en sortir avec un réputation anéantie, mais en gardant l’argent? Encore aujourd’hui, je m’accroche à cette idée. Et pourtant, quelques jours plus tard, j’ai lu un article qui m’a rapproché de demander cette commission d’enquête, dans lequel le chroniqueur (de la Presse, je crois) disait qu’une commission d’enquête pourrait délier les langues et faire parler les plus petits joueurs.

    Sincèrement, je suis entré au PLQ à reculons, beaucoup plus que quand je suis entré dans le PLC, et avec le temps, j’ai pu trouver quelques amis, dont tu fais partie à mes yeux. Cet état ne change pas parce que tu as quitté le parti. J’aime bien ceux qui sont dans le parti et j’aime aussi prendre la parole. J’aurais aimé être au Congrès des jeunes libéraux cet année, mais je ne pouvais pas. Y étais-tu? De ce qui en a filtré dans les médias, je suis content de ce qui a été discuté, en tout cas. Même s’il ne s’agissait pas de sujets chauds, c’étaient des sujets importants et j’ai bien l’impression d’être d’accord avec la plupart des choses décidées.

    Je vais finir ainsi. Tu n’es pas un traître, mais quelqu’un qui a décidé de continuer son implication politique autrement. Aussi peu nationaliste que je puisse être, je crois profondément que la patrie doit toujours aller avant le parti. Notre système politique doit être revu pour rendre ça possible.

    Au plaisir de discuter avec toi,
    Simon Beaudoin

     
    • François Genest

      20 août 2011 at 16:37

      Bonjour M. St-Gelais,

      Je veux d’abord et avant tout vous féliciter d’avoir libéré vos idées de la réserve due au parti Libéral où elles ne servaient plus à personne, d’après ce que vous dites. Bravo de vous être affranchi. Les citoyens (et j’en suis!) apprécieront vivement votre initiative de créer ce lieu public d’échange.

      Il me semble que j’ai des centaines de questions à vous poser. Le fonctionnement du gouvernement Charest est pour moi très étrange. S’il faut me donner une étiquette, vous pouvez me considérer comme un humaniste. Et en tant que tel, je ne comprends pas cette manie de vouloir uniformiser les rapports sociaux jusque dans leurs moindres détails.

      Si vous bien me répondre, j’aimerais vous écrire une plus longue lettre que je publierai sur mon blogue.

      Bonne chance et vive la liberté!

      PS Je me sens dans l’obligation de préciser que je n’ai aucune affiliation avec le Réseau Liberté Québec.

       
      • Alexis St-Gelais

        21 août 2011 at 10:55

        Bonjour M. Genest,

        Merci pour vos bons mots. J’espère que plusieurs trouveront, ici et ailleurs sur la blogosphère, un endroit propice à l’échange d’idées intéressantes pour le Québec. Il me fera très plaisir de lire votre lettre et, si je le puis, de répondre à certaines de vos questions. Gardez toutefois en tête qu’un humble (ex)président d’association n’est pas forcément un poids lourd dans son parti, et que bien des choses lui demeurent cachées.

         
    • Alexis St-Gelais

      21 août 2011 at 10:47

      Bonjour Simon. Ne t’inquiète pas, je ne t’ai pas oublié. Ce n’est pas parce que j’ai quitté le PLQ que je ne suis pas en mesure de me rappeler qu’il s’y trouve quand même nombre de militants de qualité.

      Pour qu’une réforme du mode de scrutin aboutisse un jour, il faudra un effort combiné de toutes les formations politiques en présence. À cet effet j’espère qu’il se trouvera, dans tous les partis au Québec, des gens comme toi préoccupés par la question et désirant la ramener à l’ordre du jour même quand d’autres ne le souhaiteraient pas. Quant à la « péréquation » québécoise, j’aurai sans doute l’occasion d’y revenir. Il reste dommage que cette résolution soit tombée à l’époque en raison de l’utilisation naïve d’un terme qui avait plus de connotations que je ne l’aurais pensé.

      On l’a dit et redit, l’avantage d’une commission d’enquête est de déceler le système se cachant derrière les cas particuliers. Bien sûr, avec des enquêtes, on pourra trouver et punir certains contrevenants. Cela ne nous garantit en rien toutefois que le stratagème ne se répétera pas dans l’avenir. Je suis d’avis qu’il vaut mieux prévenir que guérir, et que toutes les enquêtes du monde ne régleront jamais la source du problème, mais seulement ses manifestations. Et tout cela sera à recommencer. Du reste, la commission d’enquête s’est plus ou moins faite dans les médias, mais dans un cadre nettement moins structuré et sans qu’un arbitre ne puisse se pencher sur le bien-fondé de toutes les allégations. Je crois qu’il aurait été préférable que toute cette activité se déploie dans un cadre défini, en présence de gens disposant de toutes les informations et capables de porter un jugement global et critique sur les faits avérés. En plus, on n’aurait pas laissé au citoyen l’impression qu’il y avait en effet quelque chose à cacher.

      Je ne suis pas allé au Congrès-Jeunes, car j’ai quitté toutes mes fonctions au mois de juin. Dès lors, je n’ai plus à me mêler de ce qui se passe au PLQ autrement peut-être que par des critiques ou des conseils, comme le peut n’importe quel citoyen. Renoncer à un parti c’est également renoncer à s’y exprimer, et j’assume ce choix. Merci de ne pas me considérer comme un traître (j’espère que plusieurs partagent ton avis au PLQ, même si je doute que ce soit le cas de tous) et au plaisir.

       

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