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Donner aux régions les ressources

06 Sep

Les régions éloignées des grands centres urbains sont souvent confrontées au même problème: elles dépendent d’une ou deux grandes industries. Il n’y a rien de pire que de devoir mettre tous ses oeufs dans le même panier. Tant que le secteur économique concerné se porte bien, il n’y a pas de problèmes… Mais au moindre soubresaut, c’est toute la région qui trébuche.

Pour essayer d’encourager la diversification économique, des crédits d’impôts offerts aux entreprises situées dans les régions-ressources ont été mis en place par Québec. Cette mesure a été vivement critiquée dans les régions n’en bénéficiant pas, à tel point que leur existence même est menacée aujourd’hui. Les avantages, surtout énergétiques, consentis aux grandes entreprises générant beaucoup d’activité économique dans les régions sont tout autant l’objet de débat.

Ces mesures sont controversées, et je peux parfaitement le comprendre. Du reste, leur existence est le signe que nos régions ne se portent pas bien, car elles dépendent de ce soutien extérieur. Dans l’idéal, de telles pratiques ne seraient pas nécessaires du tout. Mais peut-on retirer des béquilles à un blessé sans auparavant lui avoir fait faire une démarche de physiothérapie conséquente? Autrement dit, avant de les laisser cheminer seules, il faut donner à nos régions les moyens de marcher de manière autonome.

Sur quoi pouvons-nous tabler pour y parvenir? Nos régions-ressources disposent, comme leur nom l’indique, d’une économie reposant beaucoup sur l’exploitation des ressources. Mines, forêt, eau, vent, énergie: autant de richesses dont l’industrie peut profiter. L’Alberta et la Norvège ont déjà appliqué une méthode qui a fait ses preuves avec l’exploitation pétrolière: conscientes que cette industrie ne durerait pas toujours, elles ont constitué des fonds patrimoniaux à partir des redevances sur les exploitations. Ces fonds servent et serviront à alimenter la diversification de l’économie vers d’autres secteurs.

Il serait judicieux d’importer cette façon de faire dans nos régions, en leur confiant le produit des redevances sur les ressources exploitées sur leur territoire via un fonds patrimonial géré par la caisse de dépôt et de placement. Ensuite, graduellement, il serait plus facile de délaisser peu à peu les mesures telles que les crédits d’impôts ou les politiques énergétiques préférentielles. Il reviendrait à chaque région d’offrir, selon ses besoins et ses projets, des incitatifs ou des programmes adaptés. De telles sommes pourraient également servir à venir en aide aux communautés monoindustrielles frappées par une fermeture, comme à Dolbeau-Mistassini, ou à revitaliser les villages en difficulté. Les possibilités sont infinies.

Ce qui est clair, c’est que sans argent, les régions sont démunies. En misant sur un atout dont elles disposent déjà pour le gérer de manière plus rationnelle et décentralisée, il serait possible d’en arriver à une politique d’occupation du territoire bien financée à long terme.

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