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Le rejet

20 Sep

Le sondage CROP-La Presse paru ce matin est fascinant à plusieurs égards. D’abord, il confirme mon impression : la remontée du PLQ dans les sondages s’est faite en partie par défaut. Ceci s’explique par la relative tranquillité de l’été libéral, alors que tous les projecteurs étaient braqués vers le PQ. Puisque l’opposition officielle était si désorganisée, il n’était pas surprenant de voir les Québécois choisir le « moins pire » et de se reporter partiellement sur le PLQ. Avec le rapport de l’unité anti-collusion, ce raisonnement est mis à mal. Dur de dire maintenant qui est le moins pire!

Le PQ et le PLQ sont à terre et ne montrent pas de volonté de changer d’orientation sur le dossier qui leur fait respectivement le plus mal, à savoir la démarche d’accession à la souveraineté et le déclenchement d’une commission d’enquête sur la construction. J’ai dit et je maintiens que ces partis ne représentent plus une solution d’avenir pour le Québec. Le sondage montre que je ne suis pas le seul à le penser. 40% à peine des gens souhaitent soutenir l’un ou l’autre des deux principaux partis. C’est donc dire que 3 personnes sur 5 ne se reconnaissent plus dans les options traditionnelles, censées rallier le plus grand nombre.

Le taux d’indécis est très élevé, tout comme l’insatisfaction envers le gouvernement (et, par la bande, envers l’opposition, si on se fie à plusieurs autres indicateurs du sondage). François Legault, dont le parti n’existe toujours pas, mène dans les sondages, quoique CROP ne s’intéresse pas à l’effet divisif d’une présence concurrente de l’ADQ et de la CAQ simultanément sur la scène publique, ce qui n’est pas exclu. Il ne faut pas non plus ignorer cette tendance à la baisse de l’option Legault, qui, à force de traîner en longueur, en a probablement déçu plusieurs.

Toutes les conditions sont réunies pour que, si une élection avait lieu prochainement, le spectaculaire revirement de l’opinion observé au fédéral se répète au provincial. Près de 30% des électeurs libéraux jugent que le gouvernement va dans la mauvaise direction… Si une alternative fédéraliste existait (François Legault pige beaucoup plus chez les péquistes que chez les libéraux), les libéraux pourraient chuter sous les 15% des intentions de vote, voire plus bas. C’est le niveau d’une ADQ jugée moribonde à l’heure actuelle!

Si de tels chiffres se maintiennent dans le temps, le bipartisme ne sera qu’une illusion lors du prochain scrutin. La vérité, c’est qu’aucun parti actuellement représenté à l’Assemblée nationale ne dominera franchement l’opinion. Toutes les options, toutes les possibilités seront donc sur la table.

Québec, l’heure des choix approche. Sauras-tu montrer la porte à ceux qui le méritent et t’ouvrir à un grand vent de changement? Je le souhaite. Et j’y travaille.

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4 Commentaires

Publié par le 20 septembre 2011 dans CAQ, Partis politiques, PLQ, Politique générale, PQ

 

4 réponses à “Le rejet

  1. Michel Duplin

    20 septembre 2011 at 10:49

    Malheureusement les québécois est un peuple perdu dans l’identification des vrais valeurs des gouvernements. Que ce soit au provincial et/ou au fédéral, rien ne vient les rassurés dans une gestion saine et équitable. Ceux qui ne se sont pas déplacé pour aller voter, cherchent à comprendre pourquoi nous n’avons plus de représentants combatifs ni à un ou l’autre des paliers de nos élus. Nous n’avons plus de Bloquistes à Ottawa, ni de René Lévesque à Québec.
    Parce que la Madame Marois, (une femme au pouvoir? Nous bien trop macho !), a osé demander à ses députés de se ralier et voter pour le projet de loi La Beaume – Péladeau, un petit groupe a préféré nuire à l’image du Partit-Québécois et donner du bon temps à Charest !Les médias comme TVA se sont alors lancés afin de libérer Charest du poids de ses « crimes », en mettant en premier plan les chicannes internes du PQ.
    Un vote massif pour un gouvernement fantôme à Ottawa, la mort du représentant ayant entrainé la vague orangea aussi permise de faire oublier les splendides agressions de Harper envers les québécois !
    Combien iront voter aux prochaines élection ? Pour qui voter ? Doit-on oublier le rêve de devenir souverains ? Devrait-on se réfugier sous cette bannière de sujets d’Ottawa et de La Reine Britanique ?

     
  2. Jean-Luc Proulx

    20 septembre 2011 at 18:13

    Jamais je n’aurais cru dire ça, un jour, mais tout ça donne le goût de voter pour QS, si Legault n’est pas de la prochaine élection!!! Avec Khadir, Labeaume, Desmarais, Péladeau, Don Accurso et les amis mafieux de Charest trouveront leurs maîtres…en allant tous en prison et tous leurs biens seront, ainsi, redistribués, au peuple!!! Je rêve de ce jour, avec impatience!!!

    Le PQ ne gagnera jamais les comtés du West Island qui votent libéral, les yeux fermés, depuis la Confédération, mais QS peut les gagner, lui!!! Je doute que Legault fasse une percée, sur l’île de Montréal!!! À mon avis, tout le 514 (autant l’Est que l’Ouest) passera à QS, aux prochaines élections!!! Je me souviens que, au fédéral, le NPD a, aussi, emporté des forteresses libérales de l’Ouest de Montréal!!!

    Les députés du NPD feront tout, pour que les candidats de QS l’emportent, là où Legault ne pourra pas percer, c’est-à-dire sur l’île de Montréal!!! L’Outaouais et Laval sont, également, des terreaux fertiles, pour QS!!!

     
  3. Jean-Luc Proulx

    20 septembre 2011 at 18:15

    En passant, bon retour, Alexis!!! 😉

     
  4. François Genest

    21 septembre 2011 at 09:49

    Bonjour,

    L’idée de Michel sur le peuple québécois est difficilement défendable. J’ai entendu hier pas mal de québécois intéressants à Maisonneuve en direct. Le sujet étant le mode de scrutin et les partis (et non une vague baliverne) j’ai été exposé à des argumentations bien raisonnées et réfutables sur un sujet émotif, chose que j’entends rarement en public que ce soit de la part de politiciens, de journalistes ou d’universitaires.

    Cela dit, les québécois sont effectivement dans l’incertitude. Quoi faire quand le système politique ne fonctionne plus à aucun niveau de gouvernement? Maintenant qu’on sait que si nous ne faisons rien, les élections vont continuer à servir d’abord et avant tout d’exutoire pour l’exaspération des citoyens, où porter notre attention?

    Les premiers sujets qui me viennent à l’esprit sont le journalisme, l’organisation locale et virtuelle. Les partis vont sans doute changer leur fonctionnement à terme, mais tant que personne ne leur vient en aide, ils resteront vulnérables aux tentatives de corruption. Les élus sont des êtres humains avec des familles et des besoins. Roosevelt disait : « A man in need is not a free man. » Je me demande combien de nos élus sont véritablement libres de parler publiquement.

     

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