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Est-ce que cela pardonne tout?

06 Oct

Je suis plutôt ambivalent.

Si vous n’étiez pas déjà au courant, La Presse avance que la commission d’enquête, finalement, aura lieu. Première réaction de ma part: surprise complète. Le gouvernement paraissait pourtant convaincu dans son refus de à tout crin. Et vu son argumentaire, il est à peu près impossible pour lui de changer d’idée sans contredire le discours qu’il véhicule depuis deux ans. Voilà pourquoi j’étais sûr que cette commission ne verrait jamais le jour sous les libéraux.

Est-ce que ceci ébranle ma décision de ne plus faire partie du PLQ? Non. Le refus de tenir cette commission d’enquête a contribué à mon départ, mais il n’en constituait pas la seule raison. Et qu’elle ait lieu ou pas, les deux dernières années ont assez bien démontré, à mon avis, à quel point les libéraux, sous Jean Charest, ont fait preuve d’obstination et de mauvaise foi. Ce changement de cap, s’il a bel et bien lieu, n’efface pas ces refus persistants, ni la perte de leadership de Jean Charest ou le fait que le PLQ n’est plus à même de mettre de l’avant de grands projets pour le Québec avec aplomb et crédibilité. Et cela ne retire pas cette conviction que j’ai acquise que les fédéralistes méritent davantage qu’une seule option électorale à Québec.

Mais évidemment, la nouvelle ne me laisse pas de marbre. Je ne sais pas ce qui a fait pencher la balance au juste. Je constate simplement qu’elle peut encore pencher. C’est davantage que ce à quoi je m’attendais désormais du PLQ. Je sais qu’il y a (et y a toujours eu) des gens plein de bon sens parmi les libéraux. Peut-être qu’une pression interne a été exercée (qui sait, des députés ont peut-être finalement menacé d’enlever la majorité au gouvernement et ainsi de le faire tomber). Ces gens-là diront que j’ai pris ma décision trop vite, ou trop impulsivement, en quittant le PLQ. Il reste quand même passablement de chemin à faire pour que je puisse me reconnaître à nouveau dans cette formation politique. Le même constat s’applique, je pense, à un grand nombre d’électeurs déçus ou dégoûtés.

Je n’aurais pas cru que la sorte de main tendue de Jacques Duscheneau, avec sa formule à huis clos partiel, serait en fin de compte saisie par le gouvernement. Et je crains les répercussions de cette orientation. Si cette formule avait été adoptée après un ou deux mois de révélations dans les médias, elle aurait été tout à fait acceptable. Mais en s’embourbant ainsi pendant des mois et des mois dans le déni et le refus, le gouvernement Charest a aussi endommagé la confiance du public en ses institutions et ses dirigeants. La commission d’enquête ne doit pas avoir pour seul but de démonter le système collusion/corruption dans la construction et l’administration publique. Elle doit aussi, de manière concurrente, se faire avec un maximum de transparence possible pour rétablir cette confiance. Plus le huis clos sera élargi, plus il participera à alimenter cynisme, méfiance et mécontentement, car on laissera encore et toujours cette impression qu’il y a quelque chose à cacher.

Je me range aussi à l’avis de Vincent Marissal, qui souligne que ce volte-face doit probablement beaucoup au calendrier. Les élections sont désormais assez rapprochées pour que les libéraux espèrent éviter les révélations gênantes avant d’y arriver. J’émets l’humble souhait que la population ne soit pas dupe. Après tout ce que Jean Charest et consorts nous ont fait subir dans ce dossier, ils méritent amplement une sanction par une défaite électorale retentissante. Par pitié, ne l’oublions pas quand nous serons rappelés aux urnes… Sinon, il y a quelque chose de fondamentalement vicié dans notre système, et cette fois, ça n’est pas la faute de nos politiciens, mais de notre propre turpitude.

Méditez-y donc. Jean Charest et son gouvernement vont déclencher la commission d’enquête, mais êtes-vous pour autant prêts à passer l’éponge sur leur attitude? Et surtout, n’oubliez pas la réponse d’ici les prochaines élections.

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2 Commentaires

Publié par le 6 octobre 2011 dans Uncategorized

 

2 réponses à “Est-ce que cela pardonne tout?

  1. François Genest

    6 octobre 2011 at 09:48

    Jean Charest a démontré son inflexibilité. Le laisser en contrôle de son parti ne peut que ralentir l’amélioration de la société civile. Voici un lien vers une page d’un blog très intéressant. Cette page porte justement sur l’inflexibilité des politiciens. (Les politiciens d’un pays où on pourra bientôt – si ce n’est déjà fait – se promener dans la forêt Jean-Charest.)

    http://decisionomics.blogspot.com/2010/10/when-facts-change-i-change-my-mind-what.html

    http://www.ledevoir.com/environnement/actualites-sur-l-environnement/312555/une-foret-portera-le-nom-de-jean-charest-en-australie

     
  2. Simon Beaudoin

    6 octobre 2011 at 14:31

    Quant à savoir quelle est la meilleure chose à faire, sincèrement, je suspend toujours mon jugement dans ce dossier. Ce n’est pas parce que le gouvernement a apparemment changé d’idée que je vais me mettre à applaudir à tout rompre comme si j’avais oublié les deux dernières années (et même plus). L’argument du gouvernement n’a jamais changé : les coupables doivent être jugés et « aller en prison ». Au moins, ils ont été constant.

    Si je pars avec un préjugé de bonne foi de nos gouvernants, soit de les croire innocents jusqu’à preuve du contraire, le meilleur des scénarios serait qu’il y ait des arrestations spectaculaires et massives (ou du moins importantes) sous peu, des arrestations qui n’auraient pas pu avoir eu lieu avec une commission d’enquête, suivis d’une commission d’enquête allant plus en profondeur et n’éclaboussant pas inutilement tout le monde. Évidemment, si ce scénario ne se concrétise pas, ma couche de crédulité s’effritera énormément, puisque ça voudrait dire soit qu’ils ont résisté pendant longtemps pour protéger des « amis » et n’ont pliés que devant une menace d’effondrement total, soit qu’ils déclenchent cette enquête par pur électoralisme. Mais en fait, le dernier scénario me semble peu probable. Ça ferait trop de casseroles à traîner en campagne électorale pour être viable. Et le problème est que le premier scénario n’écarte pas le second, puisqu’une commission d’enquête partiellement publique pourrait entretenir des doutes et aurait de la difficulté à visiter toutes les accusations lancées dans les derniers mois.

    Je ne suis pas de ceux qui oublient facilement ce qu’a (ou pas) fait quelqu’un. En revanche, je suis quelqu’un qui pardonne relativement facilement et qui prend du temps à juger… Pour ces raisons, j’ai à toute fin pratique la même attitude envers le PLQ qu’en 2007, quand je l’ai joint.

     

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