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Ces provinces qui étonnent

12 Oct

On connaît bien mal le Canada anglais. Avec les élections qui ont cours un peu partout au pays, le voile se lève un peu sur la culture politique de chacune des autres provinces, révélant un portrait plus diversifié que ce que l’on pourrait croire à première vue.

Terre-Neuve-et-Labrador vient de reconduire au pouvoir un gouvernement conservateur. Mais ce gouvernement est dirigé par une femme, Kathy Dunderdale, ce qui n’est pas une mince affaire au Canada. On attend toujours que le Québec fasse la même chose, un jour (sans m’avancer sur l’identité de la femme en question). Ce même gouvernement conservateur était celui du flamboyant Dany Williams, qui, bien qu’ayant mené quelques batailles en règle contre le Québec, mérite notre attention pour sa défense acharnée des intérêts de sa province. Son gouvernement n’a pas hésité à mettre au pas AbitibiBowater, à renier le parti conservateur fédéral avec véhémence par quête d’autonomie provinciale et à affirmer que les Terre-Neuviens devaient être maîtres chez eux!

L’Ontario aussi a de quoi susciter notre intérêt. Le taux de participation y a été encore plus anémique qu’au Québec, signe que nous ne sommes pas les seuls en quête de renouveau. Contre plusieurs prédictions, les libéraux de Dalton McGuinty ont été reportés au pouvoir, dans un gouvernement minoritaire par un seul siège. Ils ont ainsi fait échec aux conservateurs, qui espéraient rafler Queen’s Park après avoir balayé la province aux élections fédérales et remporté Toronto grâce à Rob Ford. Les Ontariens ont finalement préféré le francophone et francophile Dalton McGuinty, qui est le premier franco-Ontarien à diriger la province depuis la Confédération, à un Tim Hudak très à droite, quasiment pas bilingue et manifestement peu préoccupé par le sort de l’importante minorité linguistique ontarienne. Le gouvernement libéral est également plus progressiste et s’entend bien avec le Québec.

En Alberta, même sans élections, la course à la chefferie du parti progressiste-conservateur, au pouvoir depuis 40 ans, a mené là aussi au choix d’une femme, Alison Redford. Pour une province que l’on voit d’emblée comme très conservatrice, au sein du parti de la même idéologie, le tout peu surprendre. C’est d’autant plus étonnant si l’on considère que le nouvel adversaire en ascension à ce gouvernement est le Wildrose Alliance, lui aussi dirigé par une femme, Danielle Smith! Ce nouveau parti a peut-être de quoi nous surprendre, notamment parce qu’il suggère une plus grande autonomie de la province (police provinciale, perception des taxes et impôts, gestion de l’immigration…). Complétons le portrait albertain avec l’élection, plus ancienne, de Naheed Nenshi, un musulman, à la mairie de Calgary. Décidément, l’Alberta a de quoi nous étonner, et nous possédons peut-être, au-delà des idéologies, plus en commun que nous pourrions le croire au plan des revendications…

Les élections en Saskatchewan viennent de débuter. J’ai donc appris au passage que le gouvernement sortant n’est ni libéral, ni conservateur, mais les deux! Le Parti saskatchewannais est issu d’une fusion des deux formations politiques, suivant une évolution radicalement différente de ce qui s’est produit au fédéral. Ce gouvernement n’est pas sans velléités autonomistes : il a réclamé à grands cris et avec succès que le gouvernement fédéral bloque l’acquisition étrangère du fleuron canadien Potash Corp, titan de l’économie de la Saskatchewan. Et puisque je suis, comme la plupart des Québécois, bien peu au fait de ce qui se passe dans les autres provinces, je suis persuadé qu’il reste encore nombre de découvertes surprenantes à faire sur les partenaires qui sont les nôtres dans cette fédération.

Bref, les autres provinces canadiennes sont loin d’être uniformes et figées dans le temps. Elles évoluent elles aussi, parfois de façon imprévue, et rejoignent même le Québec dans certains de leurs discours… Peut-être sera-t-il possible, un jour, de réconcilier ces volontés d’autonomie naissantes et ces particularités politiques dans une seule et même revendication de réforme de la constitution.

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4 réponses à “Ces provinces qui étonnent

  1. Hugo Poissant

    18 octobre 2011 at 14:15

    Tout cela mènera-t-il une révision de notre constitution fédérale plus vers une confédération de province plus autonome se rapprochant du modèle américain ?

     
  2. Léonard Langlois

    9 décembre 2011 at 18:45

    Le Canada « anglais » n’est pas le monolithe qu’on s’imagine dans notre horizon québécois. Merci de nous informer de la diversité politique du pays!

     
  3. Daniaile

    10 avril 2012 at 20:52

    Le Texas albertain et leur ultra-conservatisme religieux ou les seuls qui ont le droit de vivre dans la dignité sont les exploiteurs devrait se séparer et s annexer aux USA.

     
  4. Beverly Y. Charles

    5 février 2013 at 02:33

    Votre information ne sera pas divulguée à d’autres personnes à moins que l’intérêt public ne le justifie, ce qui est très rare. Votre information peut aussi être utilisée par le gouvernement pour dresser des statistiques.

     

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