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Archives de Catégorie: CAQ

Le rejet

Le sondage CROP-La Presse paru ce matin est fascinant à plusieurs égards. D’abord, il confirme mon impression : la remontée du PLQ dans les sondages s’est faite en partie par défaut. Ceci s’explique par la relative tranquillité de l’été libéral, alors que tous les projecteurs étaient braqués vers le PQ. Puisque l’opposition officielle était si désorganisée, il n’était pas surprenant de voir les Québécois choisir le « moins pire » et de se reporter partiellement sur le PLQ. Avec le rapport de l’unité anti-collusion, ce raisonnement est mis à mal. Dur de dire maintenant qui est le moins pire!

Le PQ et le PLQ sont à terre et ne montrent pas de volonté de changer d’orientation sur le dossier qui leur fait respectivement le plus mal, à savoir la démarche d’accession à la souveraineté et le déclenchement d’une commission d’enquête sur la construction. J’ai dit et je maintiens que ces partis ne représentent plus une solution d’avenir pour le Québec. Le sondage montre que je ne suis pas le seul à le penser. 40% à peine des gens souhaitent soutenir l’un ou l’autre des deux principaux partis. C’est donc dire que 3 personnes sur 5 ne se reconnaissent plus dans les options traditionnelles, censées rallier le plus grand nombre.

Le taux d’indécis est très élevé, tout comme l’insatisfaction envers le gouvernement (et, par la bande, envers l’opposition, si on se fie à plusieurs autres indicateurs du sondage). François Legault, dont le parti n’existe toujours pas, mène dans les sondages, quoique CROP ne s’intéresse pas à l’effet divisif d’une présence concurrente de l’ADQ et de la CAQ simultanément sur la scène publique, ce qui n’est pas exclu. Il ne faut pas non plus ignorer cette tendance à la baisse de l’option Legault, qui, à force de traîner en longueur, en a probablement déçu plusieurs.

Toutes les conditions sont réunies pour que, si une élection avait lieu prochainement, le spectaculaire revirement de l’opinion observé au fédéral se répète au provincial. Près de 30% des électeurs libéraux jugent que le gouvernement va dans la mauvaise direction… Si une alternative fédéraliste existait (François Legault pige beaucoup plus chez les péquistes que chez les libéraux), les libéraux pourraient chuter sous les 15% des intentions de vote, voire plus bas. C’est le niveau d’une ADQ jugée moribonde à l’heure actuelle!

Si de tels chiffres se maintiennent dans le temps, le bipartisme ne sera qu’une illusion lors du prochain scrutin. La vérité, c’est qu’aucun parti actuellement représenté à l’Assemblée nationale ne dominera franchement l’opinion. Toutes les options, toutes les possibilités seront donc sur la table.

Québec, l’heure des choix approche. Sauras-tu montrer la porte à ceux qui le méritent et t’ouvrir à un grand vent de changement? Je le souhaite. Et j’y travaille.

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Publié par le 20 septembre 2011 dans CAQ, Partis politiques, PLQ, Politique générale, PQ

 

Les fruits défendus?

Cette fameuse expression, on la décline à toutes les sauces, à toutes les occasions: le fruit n’est pas mûr. On parle bien sûr de la réouverture de négociations constitutionnelles au Canada. Et de plus en plus, le politique cherche à ajouter un autre type de récolte au panier des variétés qui n’atteignent jamais la maturité: la souveraineté.

François Legault est de ceux là. « La situation est vraiment au niveau de la souveraineté, pas au niveau de la chef », a-t-il déclaré dans une phrase que ne renierait pas Antoine Robitaille dans son blogue Mots et Maux de la politique. Quant à la constitution, Vincent Marissal en a rajouté une couche récemment, avec Le fruit est mort.

C’est vrai que ce débat-là n’avance ni dans un sens ni dans l’autre depuis maintenant 16 ans. Vrai que trop souvent, les gens se campent dans des positions impossibles à altérer, avec des arguments déjà entendus cent fois, sans jamais qu’une majorité claire ne se dessine. Vrai aussi qu’on dirait que la population en a ras-le-bol de n’entendre que cela.

Il faut quand même rester prudents. Ladite population ne voulait pas plus parler de la réfection de nos infrastructures il y a quelques années, avant que les viaducs ne se mettent, eux, à être trop mûrs. Elle préfère changer de sujet quand on lui fait remarquer qu’il est impossible d’avoir des services publics plus généreux et nombreux tout en payant moins d’impôts et de taxes. Doit-on lui reprocher ce genre de comportement? On peut bien sûr souhaiter des citoyens plus au fait des débats, plus impliqués politiquement, plus critiques, mais on ne peut pas forcer les gens à s’y mettre. Et c’est bien pour ça qu’on délègue l’exercice du pouvoir à des élus.

Faut-il pour autant clôturer cet arbre maudit dont les fruits ne mûrissent jamais, comme le propose la CAQ? Le laisser mourir tout seul, comme le fait le PLQ? Pincer les fleurs quand il y en a en disant qu’on sera prêts quand on sera prêts, comme le fait le PQ? La question nationale, qu’on l’aborde sous l’angle de la réforme constitutionnelle ou de l’accession du Québec à sa souveraineté, bouffe une énergie et un temps considérables. Quand on pousse au-delà des symboles pour se rendre au concret des choses (Quelles lignes changer dans la constitution? Accéder à la souveraineté, est-ce que ça se fait vraiment seulement en cochant une case?), le débat devient plus technique, plus aride et repoussant encore. Sauf que si on laisse l’arbre pousser sans s’en occuper, je parie que les racines pousseront tellement qu’elles finiront par attaquer les fondations de la maison et percer les conduites d’eau. C’est-à-dire que la question nationale, si on ne s’en occupe pas, va s’envenimer et finir par produire des résultats inattendus. C’est normal: ce débat n’a pas atteint sa conclusion. Et cette conclusion est intimement liée à l’atteinte de notre maturité comme société.

Notre régime constitutionnel ou notre statut politique n’ont pas beaucoup d’impact sur notre vie de tous les jours, ce qui donne la part belle aux appels à ne plus s’en occuper. C’est le genre de chose dont les conséquences se font sentir ponctuellement, ou dans la durée, mais qui sont tout aussi importantes que la gestion quotidienne. Le statu quo est peut-être très confortable pour le moment. Sans dire que ce débat doit occuper tout l’espace public, je ne pense pas non plus que le balayer sous le tapis, comme le veut M. Legault, soit une idée très sage. Il faut simplement rester vigilants, et s’assurer que l’on continue à faire cheminer les questions les plus urgentes en même temps de mener, de temps à autres, le débat national ailleurs. Bref, il n’est pas sage de ne parler que de la question nationale et d’oublier le reste, mais il n’est pas plus sage d’oublier ce débat dans son ensemble. On peut après tout discuter de plusieurs choses à la fois.

Il faut parfois jusqu’à 60 ans pour que les agaves, des plantes de milieux désertiques, fleurissent et produisent leurs fruits. Comme pour certaines plantes, l’évolution d’une société se fait à une autre échelle que celle de la vie humaine. C’est en persévérant malgré l’impression que le temps joue contre nous que l’on finira par voir mûrir ce fruit et qu’on en verra enfin la couleur. N’y consacrons pas toutes nos énergies, mais ne l’oublions pas non plus.

 
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Publié par le 21 août 2011 dans CAQ, Constitution, PLQ, PQ, Souveraineté

 

… pour mieux dessiner l’avenir (2 de 2)

Que reste-t-il, donc, au citoyen?

Un parti politique est une bête difficile à dompter. Quiconque, néanmoins, a le droit au Québec de tenter de lancer sa propre formation politique, et de faire concurrence à celles déjà en présence. Quiconque a le droit d’essayer de se faire valoir lors d’élections. Et si concurrencer le PLQ et le PQ peut sembler une tâche difficile, il faudra bien pourtant y venir, puisque ces deux partis ne semblent pas en mesure de se réformer et de suivre les aspirations du peuple du Québec.

Il reste au citoyen l’option de secouer sa torpeur et de prendre lui-même les choses en main. Quand rien ne va plus sur la planète politique, il est de notre devoir de nous lever et de proposer une alternative qui soit crédible. Pour qu’un nouveau courant politique puisse naître et croître, il faut que la situation sur le terrain s’y prêtre. Or, on a soif de changement. Le NPD, bien que n’étant pas réellement un nouveau parti, a bénéficié d’un momentum formidable. Sans équipe bien implantée, sans grosse machine électorale bien huilée, sans financement généreux, il a changé le paysage politique fédéral au Québec du tout au tout. Et rien n’empêche les citoyens de décider de faire le ménage de la même manière en politique provinciale. C’est la preuve que lorsque la volonté populaire y est, les astres peuvent se réaligner. Et il est temps de mettre ce pouvoir à profit.

La soif de changement ne fait pas tout. Il faut s’assurer que le désir d’aller vers de nouvelles alternatives puisse être dirigé vers des options crédibles, construites et complètes sur le plan idéologique. Et pour qu’un choix éclairé puisse se faire, il faut plusieurs de ces options et un débat d’idées. À cet égard, je ne peux que saluer des démarches comme celles de la Coalition pour l’avenir du Québec, le Réseau liberté Québec, Option Québec ou le Nouveau Mouvement pour le Québec. Québec solidaire, à sa manière, participe aussi au mouvement, comme véhicule plus achevé que les autres. Dans tous ces mouvements en amorce, il reste une catégorie d’oubliés, celle à laquelle j’appartiens, les fédéralistes de gauche ou de centre-gauche.

Ceux-là, j’aimerais, grâce à ce blogue, les découvrir et les entendre. J’aimerais tisser avec eux des liens, pour voir comment nous pourrions structurer nos efforts, prendre notre place sur l’échiquier politique. La journée d’hier m’a déjà permis d’entrer en contact avec quelques personnes. Il ne faut parfois que la réunion de gens motivés pour changer l’ordre des choses.

À tous ceux que la politique intéresse, même s’ils ne sont ou seront pas en accord avec mes positions, je ne peux que conseiller de continuer à suivre les débats. Si vous en avez le temps et le goût, contribuez donc à l’émergence de ces nouvelles forces politiques qui naissent. Montrez que vous ne vous laisserez pas prendre pour acquis par un système bipartisan qui donne l’illusion d’éternité aux détenteurs du pouvoir.

Nous sommes, je l’espère, à un tournant de notre histoire politique. Ce genre de moment pourrait bien déterminer notre sort collectif pour les 30 à 40 prochaines années. Ne restons pas passifs. S’il faut fonder des partis, qu’à cela ne tienne. Il est vrai que ce qui se produit actuellement peut donner l’impression que nous aurons trop de partis. Mais comme à chaque moment charnière du cheminement collectif, il est normal qu’il y ait une certaine ébullition, un éparpillement léger. La situation se corrigera avec le temps, et seuls les partis les plus intéressants sortiront de ce grand brassage d’idées. Si le PQ et le PLQ y sont encore, tant mieux pour eux. Si d’autres partis plus pertinents émergent, tant mieux aussi. La mise à jour sera faite et nous pourrons aller de l’avant.

Avec le passé en gage d’avenir, levons-nous et choisissons de quoi seront faites les quatre prochaines décennies au Québec.