RSS

Archives de Catégorie: Histoire

Un retour en arrière… (1 de 2)

Il n’y a pas que nos infrastructures qui tombent en ruine. Le monde politique québécois aurait aussi besoin de sérieuses rénovations. Et comme dans le cas d’une maison ou d’un viaduc, le rafistolage intensif se doit d’être fait à tous les 30 à 40 ans.

Depuis 1867, le Québec a traversé quatre alignements majeurs de ses astres politiques. D’abord, jusqu’en 1897, les conservateurs ont globalement dominé le paysage. Une longue période de règne sans partage des libéraux s’est ensuite installée jusqu’à l’arrivée de Duplessis et l’absorption par les conservateurs de l’Action libérale nationale dans l’Union nationale, en 1936. Jusqu’en 1970, le duel entre Union nationale et parti libéral constitue le pain quotidien du monde politique québécois. Émerge alors le parti Québécois qui supplante l’union nationale, pour donner la dichotomie prévalant encore à l’heure actuelle.

L’échantillon historique n’est pas très représentatif, mais la tendance qui se dessine est celle d’un réalignement des acteurs en présence après 30 à 40 ans. Or, la période actuelle dure depuis… 41 ans. La situation sur le terrain semble vouloir confirmer que nous nous trouvons, une fois de plus, à la croisée des chemins.

Cette alternance de situations s’est toujours faite dans un certain agitement socio-politique. La dernière décennie du 19e siècle a vu son lot de scandales et d’affaires ayant soulevé les passions au pays, précipitant la chute des conservateurs tant au Québec qu’au Canada. L’arrivée de l’Union nationale s’est faite sur fond de forte corruption chez les libéraux et de crise économique prolongée, et le parti s’est consolidé à travers les débats sur la conscription qui ont déchiré le Québec d’alors. Quant à l’apparition du PQ, elle s’inscrivait dans le cadre large des agitations sociales des années 1960 et 70: montée du nationalisme, troubles syndicaux, crise d’Octobre, etc. Encore là, on sent aujourd’hui divers signes de mécontentement: cynisme largement répandu, corruption alléguée à large échelle, opposition citoyenne à de nombreux projets…

Que nous apprend cette perspective historique (qui, je le concède, demeure rudimentaire) sur la situation actuelle? Si le passé est garant de l’avenir, les choses vont profondément changer d’ici peu sur notre scène politique. Plusieurs signes des dernières années le montrent d’ailleurs: gouvernement minoritaire, mécontentement record envers le gouvernement, élection massive du NPD au fédéral, montée et chute de l’ADQ indiquent tous la volatilité de l’opinion. Les gens ont soif d’une alternative.

Le PQ de Pauline Marois et nombre de ses députés veulent tenir des consultations citoyennes pour se sortir de l’impasse… Mais les consultations ne changeront rien au fait que le PQ appartient au passé de par son existence même. L’indépendance n’a pas à être portée par ce seul parti, bancal depuis sa fondation. Ce que les citoyens (et les souverainistes, surtout!) veulent, c’est une alternative. Pas un PQ revampé.

Le PLQ a commis les mêmes péchés que jadis. Il n’avait pas vu venir la force de frappe concertée de l’Action libérale nationale et des conservateurs, devenus Union nationale, en 1935-36. Il n’avait pas vu venir le Parti québécois en 1976. Il n’avait pas vu venir l’ADQ en 2007. À l’opposé du PQ, qui se décompose en public, le PLQ présente un front uni. Mais dans son obstination et sa vanité (nous ferons l’unité des Québécois…), il ne fait que démontrer qu’il s’entête dans ses erreurs, ne se remet jamais en question, se croit au-dessus de tout même quand le monde s’effondre autour de lui.

Que reste-t-il au citoyen? La réponse demain.

 
35 Commentaires

Publié par le 19 août 2011 dans Histoire, PLQ, Politique générale, PQ