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Archives de Catégorie: Partis politiques

En quête d’une famille

Vous l’aurez appris dans les médias, ou encore je vous l’apprendrai à l’instant. Je fais partie d’un groupe de citoyens partageant ma recherche d’une nouvelle alternative politique ayant décidé de lancer un projet de fondation de parti politique provincial. Ce parti, centré sur quatre valeurs, réponds à la manière dont je me décris depuis le début sur ce blogue: progressiste, fédéraliste, régionaliste et écologiste.

Si ce projet devient réalité, je ne serai plus un orphelin politique, et mon vote sera libre de s’exprimer avec fierté aux prochaines élections. Ce blogue, qui n’aura duré qu’un temps, devient donc obsolète et ne sera plus alimenté.

Merci à ceux qui m’ont suivi pendant cette nouvelle partie de mon aventure. Sachez-le, le lancement d’une nouvelle formation demande beaucoup de travail et une certaine abnégation (malgré ce qu’on en pense). Je ne sais pas où le chemin nous mènera pour la suite, mais je suis impatient de le savoir. Souhaitez-nous donc bonne chance.

Chers citoyens du Québec, au plaisir.

 

Autrement, la politique?

Faire la politique autrement.

L’expression elle-même est presque en train de devenir source de cynisme, ce qui n’est pas sans ironie. On y est allé de toutes sortes de propositions pour rapprocher le pouvoir du citoyen, ou pour réduire la partisannerie. Je suis moi-même favorable à quelques uns de ces mesures, comme les élections à date fixe, la réforme du mode de scrutin ou le vote libre en chambre. Cependant, je suis de ceux qui pensent qu’aucun de ces solutions ne régleront réellement le problème. Jusqu’ici, je n’ai entendu personne parler de ce qui ronge à mon avis le plus la politique, à part les allégations de corruption…

La démocratie telle qu’elle devrait être en théorie pratiquée ici consiste à déléguer l’exercice du pouvoir à tous les quatre à cinq ans à une assemblée de 125 citoyens choisis par leurs pairs. N’importe qui devrait pouvoir prétendre à ces fonctions. Et comme ce sont des citoyens qui deviennent députés, on devrait être en droit de s’attendre à ce qu’ils nous parlent d’égal à égal.

Les jeux Olympiques sont censés être réservés aux athlètes amateurs. Mais, entre vous et moi, il n’y a plus grand-chose d’amateur lorsqu’on y regarde de plus près. C’est la même chose en politique. L’un des grands maux qui affectent notre système, c’est ce que j’appellerais la « professionnalisation » du milieu.

Le cas est typique. Avant les années 1960, la politique était le fait de « self-made men », des avocats du comté et de gens au verbe coloré. La relation était assez directe entre l’électeur et son député… peut-être trop, avec tout ce que cette façon de fonctionner comportait de népotisme, d’arbitraire et d’agressif. Parallèlement à la Révolution tranquille, les habitudes médiatiques ont changé. Les assemblées de cuisine, les débats entre candidats dans chaque paroisse ont fait place à un débat des chefs télévisé, où l’image jouait un grand rôle. Un mouvement de pendule s’amorçait. D’un modèle très (trop!) « vrai monde », on a migré vers un autre très formaté. « Spin doctors », firmes de communications, recours à d’innombrables experts et technocrates, multiplication des conseillers font aujourd’hui partie intégrante du système. On contrôle avec grande précaution le message.

Comme en toute chose, des mouvements de pendule de ce genre nous conduisent souvent d’un extrême à un autre. Nous en sommes aujourd’hui arrivés à un point où le degré de formatage professionnel de la politique est si grand que nos élus nous donnent davantage l’impression d’être des robots que des citoyens parmi les autres, ou encore d’être complètement déconnectés. Ainsi un débat des chefs est-il, au fond, l’occasion de débiter une litanie savamment apprise par chacun des participants pendant des heures de briefing, le tout en habits longuement médités, avec une attitude contrôlée à l’extrême. Tant et si bien que l’analyse de ces débats se concentre désormais plus sur les rares moments où nos politiciens redeviennent humains et « commettent une erreur », c’est-à-dire sortent un peu de leur artificialité. De même, les ministres sont entourés d’une armada de conseillers en tout genre, et je me demande jusqu’à quel point cela ne les coupe pas de la réalité sur le terrain (« ne vous en faites pas, patron, ça n’est pas si grave… Les gens finiront par comprendre… Vous faites du bon travail! »). Même la Cour suprême est aujourd’hui chargée de trancher les débats pourtant politiques et non juridiques les plus chatouilleux, dans lesquels les politiciens n’osent plus se mouiller!

Il n’y a là rien pour amener le citoyen à s’identifier à ses élus, à leur faire confiance et à sentir qu’il peut les influencer. Être politicien n’est plus l’affaire de citoyens ordinaires, mais celle d’organisations complexes qui reposent beaucoup sur le recours à une foule de services professionnels et de conseillers pour formater les moindre faits et gestes des élus. Plus que des modifications fonctionnelles au mode de scrutin ou à la manière dont les partis s’articulent à l’Assemblée nationale, c’est dans les attitudes et les pratiques politiques qu’une mutation s’impose. Je ne suis pas en train de dire qu’il faille revenir au populisme à la sauce de l’Union nationale, comme le faisait souvent l’ADQ sous Mario Dumont. Ni qu’il faille se débarrasser de tous les conseillers politiques. On peut parler vrai tout en disant des choses intelligentes. On peut avoir des conseillers sans se fier aveuglément à eux pour la conduite de nos affaires. Simplement, on aimerait sentir que nos députés et ministres sont plus personnellement conscients qu’ils ne sont que des citoyens parmi d’autres, que ce sont eux les élus et non leurs adjoints et que lorsqu’ils prennent la parole, ce sont eux qu’on veut entendre et non leur firme de relations publiques.

Ce sont évidemment des constats généraux. Certains politiciens se démarquent à cette enseigne. Le problème, c’est que ça n’est généralement pas ceux qui ont le plus de poids dans la conduite des affaires du gouvernement! À quand une modification des mœurs politiques?

 

Le rejet

Le sondage CROP-La Presse paru ce matin est fascinant à plusieurs égards. D’abord, il confirme mon impression : la remontée du PLQ dans les sondages s’est faite en partie par défaut. Ceci s’explique par la relative tranquillité de l’été libéral, alors que tous les projecteurs étaient braqués vers le PQ. Puisque l’opposition officielle était si désorganisée, il n’était pas surprenant de voir les Québécois choisir le « moins pire » et de se reporter partiellement sur le PLQ. Avec le rapport de l’unité anti-collusion, ce raisonnement est mis à mal. Dur de dire maintenant qui est le moins pire!

Le PQ et le PLQ sont à terre et ne montrent pas de volonté de changer d’orientation sur le dossier qui leur fait respectivement le plus mal, à savoir la démarche d’accession à la souveraineté et le déclenchement d’une commission d’enquête sur la construction. J’ai dit et je maintiens que ces partis ne représentent plus une solution d’avenir pour le Québec. Le sondage montre que je ne suis pas le seul à le penser. 40% à peine des gens souhaitent soutenir l’un ou l’autre des deux principaux partis. C’est donc dire que 3 personnes sur 5 ne se reconnaissent plus dans les options traditionnelles, censées rallier le plus grand nombre.

Le taux d’indécis est très élevé, tout comme l’insatisfaction envers le gouvernement (et, par la bande, envers l’opposition, si on se fie à plusieurs autres indicateurs du sondage). François Legault, dont le parti n’existe toujours pas, mène dans les sondages, quoique CROP ne s’intéresse pas à l’effet divisif d’une présence concurrente de l’ADQ et de la CAQ simultanément sur la scène publique, ce qui n’est pas exclu. Il ne faut pas non plus ignorer cette tendance à la baisse de l’option Legault, qui, à force de traîner en longueur, en a probablement déçu plusieurs.

Toutes les conditions sont réunies pour que, si une élection avait lieu prochainement, le spectaculaire revirement de l’opinion observé au fédéral se répète au provincial. Près de 30% des électeurs libéraux jugent que le gouvernement va dans la mauvaise direction… Si une alternative fédéraliste existait (François Legault pige beaucoup plus chez les péquistes que chez les libéraux), les libéraux pourraient chuter sous les 15% des intentions de vote, voire plus bas. C’est le niveau d’une ADQ jugée moribonde à l’heure actuelle!

Si de tels chiffres se maintiennent dans le temps, le bipartisme ne sera qu’une illusion lors du prochain scrutin. La vérité, c’est qu’aucun parti actuellement représenté à l’Assemblée nationale ne dominera franchement l’opinion. Toutes les options, toutes les possibilités seront donc sur la table.

Québec, l’heure des choix approche. Sauras-tu montrer la porte à ceux qui le méritent et t’ouvrir à un grand vent de changement? Je le souhaite. Et j’y travaille.

 
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Publié par le 20 septembre 2011 dans CAQ, Partis politiques, PLQ, Politique générale, PQ

 

Pourquoi j’ai ma carte du NPD

En toute honnêteté et transparence, je dois aujourd’hui signaler à mes lecteurs que je suis à nouveau membre d’un parti politique, le NPD, depuis dimanche. Mon intérêt premier demeure la politique québécoise. Je n’ai pas pris ma carte du NPD pour m’impliquer comme je l’ai fait par le passé au PLQ. Je crois donc toujours mériter mon titre d’orphelin politique, car c’est bien à l’Assemblée nationale que je ne me sens plus représenté et où je cherche à changer les choses.

Quelques raisons expliquent mon choix. La première a été exposée à une ou deux reprises dans les médias et reviendra certainement sur le tapis. Elle est mathématique. Alors que 57% des députés actuels du NPD sont du Québec, en faisant un parti majoritairement québécois aujourd’hui (c’est, il faut l’avouer, spectaculaire), on ne compte que 5000 membres québécois sur environ 80 000 au pays, soit à peine plus de 6%! Or, le chef est élu selon un principe simple: chaque membre dispose d’un droit de vote. Or si vous faites partie de ceux qui pensent que le changement à Ottawa peut passer par le NPD, vous devez penser à la consolidation des acquis de ce parti au Québec aux prochaines élections. Il est à cet égard primordial que le prochain chef soit sensible aux questions québécoises. Qui de mieux, donc, que des membres québécois pour s’en assurer? Je souhaite donc qu’un grand nombre de Québécois, militants ou non, sympathisants ou simplement intéressés à prendre part au choix d’un(e) éventuel(le) futur(e) premier(ère) ministre de manière très directe, fassent comme moi et choisissent d’ajouter un peu de poids au membership du Québec cette année. Au moins cette année.

Par ailleurs, je n’ai jamais caché être plus sympathique aux idées du NPD qu’à celles des autres partis fédéraux. Il y a quelques années, le parti était davantage centralisateur, ce qui contrevenait à ma vision de la manière dont le Canada devrait évoluer. Grâce aux efforts de Québécois, avec la déclaration de Sherbrooke par exemple, et à l’ouverture du parti sous Jack Layton, le NPD s’ouvre à une toute autre approche. Il faudra d’ailleurs en définir le contenu, ce à quoi les membres peuvent également participer. Avec une nouvelle équipe, une structure à construire et une ouverture plus grande au Québec, je me reconnais maintenant assez dans le NPD pour cristalliser mon statut de sympathisant dans une carte de membre.

La troisième raison est plus bizarre: c’est la curiosité. De la culture de parti, je ne connais que ce que le PLQ avait à offrir. Il est intéressant de voir comment d’autres formations sont organisées et vivent. Le NPD est, au Québec, une formation très jeune où toutes les structures demeurent à revoir et à investir. Les membres sont peu nombreux et cela crée une toute autre atmosphère qu’au sein d’une machine rodée, voire usée par la taille. Tout cela est rafraichissant à observer.

Puisque la course à la chefferie est le centre de mon intérêt, je suivrai avec attention les débats qui l’entourent. Déjà, M. Brian Topp, que l’on connaît peu au Québec, s’est lancé dans la course. J’ai hâte de voir qui l’affrontera et de mieux connaître les candidats, car j’avoue avoir un penchant spontané pour Thomas Mulcair, dont le parcours politique n’est pas étranger au mien. Dans tous les cas, j’espère que les Québécois saisiront la chance qu’ils ont d’influencer les priorités d’un parti national plus sensible à leurs valeurs et établiront durablement le pont entre les socio-démocrates canadiens et québécois.

 
 

Un scrutin juste et représentatif

La réforme du mode de scrutin… On en parle depuis si longtemps, sans jamais pourtant sembler s’en approcher. Un parti aura-t-il un jour le courage de procéder à cette réforme, une fois au pouvoir? À voir les déchirements s’étant produits autour d’un simple redécoupage de la carte électorale, on peut douter que le PLQ et le PQ en soient à cette étape. À voir si d’autres sauraient faire mieux.

Dans toute réforme du mode de scrutin, le diable est dans les détails. Pour ma part, je favorise un mode proportionnel mixte compensatoire. Il s’agit d’attribuer un certain nombre de sièges de la manière actuelle, mais d’en conserver une partie pour « compenser » l’écart entre le pourcentage des votes obtenus en province et le nombre de siège obtenus en chambre pour un parti. En prenant l’hypothèse d’une Assemblée nationale avec 90 sièges réguliers et 35 sièges compensatoires, on pourrait avoir par exemple la situation suivante:

Ce type de réforme est sans doute celui qui revient le plus couramment lorsqu’on songe à un nouveau mode électoral. Il a l’avantage de rapprocher de beaucoup la composition de l’Assemblée nationale de la volonté populaire exprimée. Il créerait aussi, sans doute, bien plus de gouvernements minoritaires. Certains voient cela comme un désavantage. Dans la mesure où la culture politique s’adapte à un tel changement, je pense que ce changement se ferait pour le mieux. Si A est souverainiste de gauche, B fédéraliste de droite, C fédéraliste de gauche et D souverainiste de droite, des combinaisons A-D vs B-C et A-C vs B-D seraient possibles, selon les cas. Bref, un tel mode n’est pas obligatoirement synonyme d’instabilité, puisque dans les deux cas précités et selon ma simulation, le gouvernement formé par A demeurerait en place. Il s’agit de savoir négocier et faire des compromis.

Ce qui m’agace le plus dans la proportionnelle mixte compensatoire, c’est la création de deux « catégories » de députés, qui tirent leur légitimité de sources différentes. Les députés à comté côtoient d’autres élus, choisis sur une liste préétablie par un parti avant les élections. J’ignore comment la culture politique s’adapterait à un tel changement, mais j’en suis venu à la conclusion que ce n’est qu’à l’usage que l’on saurait juger de la viabilité de ce système au Québec.

Des élections à date fixe me semblent également incontournables, pour réduire l’incertitude populaire autour du déclenchement d’élections et supprimer les calculs partisans relatifs à cette décision. De même, un financement essentiellement public mais quelque peu réduit des partis politiques (hormis peut-être 50 à 60$ annuels pouvant être donnés par les membres pour leur carte et des frais de participation à des activités) est souhaitable. J’en suis venu à cette conclusion non seulement en raison des failles possibles d’un système où le financement est en partie privé, mais également par expérience. La collecte de fonds, sous la pression des hautes instances du parti, est un énorme siphon de temps pour tous les militants d’une association de circonscription. Pareils efforts ne sont alors pas disponibles pour ce qui me semble plus important, comme le membership ou la réflexion politique à proprement parler. Du reste, il ne serait pas inutile de supprimer pour les partis l’incertitude liée aux entrées privées d’argent dans un contexte de cynisme généralisé, car cela a tendance à biaiser les priorités internes.

Un scrutin plus juste et représentatif n’est pas la solution miracle au cynisme et au désintérêt politique. Toutefois, sur le seul plan des principes, il faudra bien un jour qu’un gouvernement ait le courage d’y venir. Il en va de la légitimité même de notre système démocratique.

 

Vous avez dit régionaliste?

Un des combats que j’ai toujours dû mener au sein du PLQ est celui de l’incompréhension des militants des grands centres envers ce que l’on appelle parfois presque péjorativement «les régions», dont la mienne. Parfois, cela allait jusqu’à expliquer que non, Saguenay n’était pas à 10 heures de route de Montréal et que oui, c’était bien la 7e plus grande ville au Québec. Ou à démontrer que le Lac-St-Jean et le Saguenay, ce n’est pas du pareil au même pour nombre de raisons tant économiques qu’historiques. Le plus souvent, toutefois, c’était sur le plan des idées que je sentais un clivage. Chez les jeunes tout particulièrement, j’ai toujours senti un certain clivage entre un bloc centré sur Montréal et la constellation de ceux provenant des régions.

Nous n’étions pas nombreux à militer au Saguenay, mais j’ai toujours eu à coeur que notre région présente des résolutions traduisant nos besoins particuliers ou, plus généralement, proposant des pistes de décentralisation à long terme. Souvent, nous nous heurtions alors à plus d’opposition que nous l’aurions prévu. Sur ces questions comme sur celles touchant l’agriculture, voire le rôle de l’État, il n’était pas rare de remarquer que les votes «pour» et «contre» étaient très dépendants de la géographie!

On en entend des belles sur les régions. Certains disent qu’elles se font vivre aux crochets de l’État. D’autres vont jusqu’à affirmer qu’elles n’ont aucun avenir et qu’on ferait mieux de les laisser mourir, voire de les fermer. Et nombre de personnes en ont une conception très folklorique ou biaisée pour n’avoir jamais quitté Montréal et ses environs. De ce fait, celui qui se dit régionaliste court le risque d’être rapidement catalogué comme passéiste ou naïf.

Pour ma part, je me base sur un constat similaire à celui que j’ai dressé sur la diversité canadienne, plus tôt. Sis sur un territoire énorme, le Québec présente des visages multiples. La vie, l’économie, le travail en Abitibi-Témiscamingue n’ont rien à voir avec ceux de la Gaspésie. Un Montréalais est parfaitement conscient que sa ville (qui est aussi une région!) est aux prises avec des problèmes de pauvreté, d’urbanisme erratique, d’infrastructures. Le Saguenéen, lui, voit plutôt la décroissance démographique, la dépendance aux grandes entreprises ou la démocratie municipale malade.

En dehors des blocs de population concentrés à Montréal/Laval/Longueil et Québec, les forces vives du Québec sont dispersées sur des milliers de kilomètres carrés, un territoire plus vaste que celui de la France pour une population dix fois moindre. Comment s’étonner alors qu’il soit difficile de tout gérer depuis les buraux de Québec?

Le régionaliste que je suis ne fait que prendre acte de cette réalité et de ses conséquences. Dans nombre de domaine, les solutions mur à mur à travers le Québec ne fonctionneront jamais bien, parce qu’elles ne seront pas adaptées aux réalités multiples sur le terrain. Souvent, nous nous heurtons à cette incompréhension des régions plus éloignées chez certains fonctionnaires de la capitale et chez les leaders d’opinion de la métropole. C’est vrai que nos régions-ressources sont vulnérables, économiquement et démographiquement parlant. Et si on leur laissait plus de place pour qu’elles prennent elles-mêmes les choses en main?

Être régionaliste, c’est simplement souhaiter que, progressivement, les régions (y compris urbaines et métropolitaine!) puissent se prendre en main, adapter les politiques publiques à leurs réalités propres, s’attaquer à leurs problèmes sans nuire à leurs voisines. Il existe pour y arriver une panoplie de voies intéressantes. Je tenterai de vous en exposer quelques unes bientôt. Mais pour que ça marche, il faudra de l’ouverture d’esprit, surtout chez les habitants des centres urbains. Et il faudra qu’un ou des partis se commettent à défendre cet idéal et ces valeurs.

 

Enfin

Enfin! C’est le premier mot qui me soit venu en tête quand j’ai lu ce matin que Pauline Marois s’ouvrait à la possibilité de tenir un vote libre sur certaines questions, comme le projet de loi 204 sur l’amphithéâtre de Québec. En fait, on semblait aller jusqu’à dire que seuls certains votes comme ceux sur le budget ou engageant le programme électoral du parti seraent soumis à la « discipline » des voix.

Enfin, sans pour autant que ce soit tout à fait nouveau. Dans l’ère pré-duplessiste, il arrivait qu’un député se prononce contre la position de son parti. Il arrivait même qu’un député écarté de sa formation lors d’une investiture parce que le chef le voyait d’un mauvais oeil retrousse ses manches et fasse campagne contre le candidat officiel à titre de libéral ou de conservateur indépendant, pour remporter la circonscription et rejoindre de nouveau son parti ensuite. Les députés s’en laissaient alors moins imposer qu’aujourd’hui. Bien sûr, avec Duplessis qui disait en chambre à ses ministres et même au président quoi faire, la situation a quelque peu changé…

Enfin aussi, sans que la chose se soit faite très naturellement! Il aura quand même fallu la démission de près de 10% du caucus péquiste, avec une pression médiatique et populaire intense, une dégringolade dans les sondages et plusieurs mois de querelles internes déchirantes pour que Pauline Marois en arrive à cette « concession ».

Enfin… et pourtant pas tout à fait. Parce qu’on s’interroge encore, chez les péquistes, sur la pertinence de la levée de la ligne de parti de manière aussi large. Certains députés sont pour, d’autres voient là un risque pour la cohésion du groupe et la solidité de la chef.

La ligne de parti, lorsqu’elle ne concerne pas les engagements électoraux pris collectivement par les candidats d’une formation politique ou, à la rigueur, les questions de confiance envers le gouvernement, n’est pourtant pas pertinente. Elle n’a aucun fondement légal (un député, une fois élu, n’est légalement redevable de ses votes qu’à lui-même et à la population aux élections suivantes). Et elle revient souvent à dire que le chef doit avoir toujours raison. Personnellement, je considère qu’un vrai leader sait tolérer la dissidence, parce qu’elle ne le met pas en péril. Il doit dégager cette assurance qu’il fait assez confiance à ses troupes et que celles-ci lui rendent assez cette confiance pour que la liberté de vote ne soit pas une attaque systématique à son autorité. Dans un vote libre, on ne vote pas contre ou pour son chef, on vote pour ou contre l’idée débattue.

Un député est élu certes avec un chef, mais aussi grâce à des militants et par la population de son comté. C’est à chaque député que revient le choix d’ajuster son vote aux préférences de l’un ou l’autre quand le vote ne porte pas sur une question sur laquelle l’élu s’est déjà engagé, par programme ou par promesse. Et c’est à chaque député d’assumer son bilan lorsque viendra le temps de repasser devant les urnes.

Cette mesure ne ferait pas du PQ un parti parfait, mais j’espère qu’il ira au bout de son idée et instaurera cette liberté de vote sur toute question hors programme et hors confiance au gouvernement. Ceci redonnerait plus de sens au rôle de député et contribuerait certainement à faire de la politique autrement. Surtout, j’espère que d’autres formations politiques emboîteront le pas, et que le vote libre deviendra une partie intégrante de nos moeurs politiques au lieu d’être perçu comme une attaque contre le chef ou le parti. Enfin.

 
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Publié par le 1 septembre 2011 dans Partis politiques, PQ

 

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